Le processus créatif

 

       Peindre, danser, chanter, déclamer… L’art existe depuis les temps anciens et est au cœur des toutes les cultures (Barnett and Vasiu, 2024; Clottes, 2003; Gusdorf, 1993). Que ce soit pour s’exprimer, parler de soi, pour dénoncer, pour créer du lien social, célébrer… il est un rite indéniable au sein des sociétés humaines. Sur un plateau, une toile, ce qui n’est pas permis socialement peut se dévoiler, tel un espace particulier, sacré.

Le processus de créer, (la créativité) est défini comme la capacité à produire un travail à la fois nouveau et approprié (Lubart et al., 2025). Il contribue à produire des idées nouvelles et originales. Il permet d’envisager de nouveaux angles de vue pour aborder les problèmes (Sternberg, 1988).  Créer permet de se dépasser, de se sublimer. C’est un vrai travail de transformation, impliquant une meilleure plasticité cérébrale (Xurui et al., 2018)(Demarin et al., 2016; Schlaug, 2015). C’est ainsi que créer peut aussi être envisagé comme un processus de guérison, d’amélioration de la santé mentale et physique (Menefee et al., 2022). Cette perspective étant à l’origine de l’art-thérapie.

 

Créativité, plasticité cérébrale et système dopaminergique

Le cerveau est composé d'un ensemble de neurones qui communiquent entre eux par neurotransmetteurs (tels que la sérotonine, dopamine, noradrénaline...) formant des circuits neuronaux complexes. Tous nos apprentissages et pensées sont codées par ces circuits neuronaux.

Mais  le cerveau, n'est pas une structure rigide, c'est une structure dynamique, capable de se modifier et de s'adapter grâce à de nouvelles expériences et activités. Il peut ainsi créer de nouveaux circuits neuronaux. C'est ce que l'on nomme la neuroplasticité (plasticité neuronale)(Ștefănescu et al., 2025)

La neuroplasticité, par divers mécanismes, joue un rôle essentiel dans le développement de la créativité. Plus précisément, elle facilite la formation de nouvelles connexions neuronales suite à l'exposition à de nouvelles expériences artistiques, favorisant ainsi la génération d'idées multiples et originales.  (Ștefănescu et al., 2025).

Pour aller plus loin, Lusebrink (2010) a constaté que l'utilisation des arts active des sections spécifiques du cerveau telles que le lobe occipital, les ganglions de la base, les régions limbiques et les zones sensorielles du cortex cérébral.

Le système de récompense dopaminergique est lui aussi impliqué, agissant comme un moteur de motivation, renforçant les comportements et améliorant l'acquisition de compétences grâce à son rôle dans la prédiction des récompenses et la correction des erreurs (Hutson and Hutson, 2024).

Le système de récompense dopaminergique joue un rôle essentiel dans le renforcement des apprentissages et la motivation des individus à entreprendre et maîtriser des tâches complexes. La dopamine libérée suite à la réussite d'un défi ou à l'atteinte d'un objectif, crée un cercle vertueux qui encourage la poursuite d'activités similaires. Des études révèlent que ce neurotransmetteur ne se contente pas de procurer du plaisir, mais incite les individus à affiner leurs stratégies et à améliorer leurs performances(Ganter-Argast et al., 2024; Whitton, 2018)

. Ces mécanismes soulignent le rôle crucial de la dopamine dans la motivation immédiate liée à la tâche et dans l'amélioration cognitive à long terme.