La performance autobiographique thérapeutique

 

       La performance thérapeutique autobiographique (ATP) est une intervention thérapeutique qui consiste à créer des pièces à partir de matériel personnel et à les présenter devant un public (Pendzik et al., 2016). C'est une forme particulière de thérapie, basée sur la performance, abordée comme étant thérapeutique. A ce jour les principales formes d'ATP  et les études publiées à ce sujet sont principalement autour de créations théâtrales. La cie d'Un Côté A l'Autre, quand à elle, développe des formes hybrides mêlant poésie, danse et musique.

L’ATP se distingue de l’art thérapiedans le fait que son objectif principal est la création et la performance. L'aspect thérapeutique est secondaire. A contrario, l’art-thérapie place l’aspect thérapeutique de la création au premier plan et ne propose pas nécessairement de performance devant un public.

L'approche de l'ATP est essentiellement basée sur trois hypothèses :

  • L'acte de « raconter » des aspects de nos vies génère des récits personnels plus cohérents, qui peuvent aider à mieux intégrer et faire face aux événements traumatisants de la vie (White et Epston, 1990 ; McAdams, 2008).
  • Transformer ces récits en performances met les individus au défi de prendre des mesures concrètes et incarnées qui peuvent aider à solidifier des récits personnels plus constructifs (Emunah et al., 2014 ; Pendzik, 2016) et à consolider l'expérience réparée en tant qu'élément de mémoire à long terme (Yaniv, 2014).
  • Jouer devant un public valide les récits alternatifs créés, leur donnant une portée publique qui intensifie leur potentiel de guérison (Sajnani, 2012, 2016 ; Emunah, 2015, 2016).

 

La performance thérapeutique autobiographique est un processus permettant de réunir l'artistique et le thérapeutique. Il invite les participants à considérer leurs expériences comme un matériau artistique, avec lequel ils peuvent jouer et finalement performer (Gopalakrishna and Rao, 2017).

Dans cette approche, le public a une fonction très particulière de validation, de reconnaissance et d’acceptation des expériences de l’artiste. Volkas nomme cette fonction particulière le « témoin réparateur » (Volkas, 2016, p.125). Le spectateur est alors envisagé comme un agent actif sans lequel l’œuvre d’art et sa signification demeurent incomplètes. Ce rôle de « cocréateur actif » (Radosavljević, 2013, p. 180) souligne la position d’auteur du spectateur dans le processus artistique.

Cette perspective suggère que le spectateur témoin participe activement à la création du sens de la performance.

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